Quel est ton parcours ?
Élève studieux mordu à 16 ans par le virus du cinéma, l’envie de faire des images mouvantes, raconter des histoires. Mes amours premières ont été les films fantastiques, d’horreur, Dario Argento, De Palma, « Possession » de Zulawski. Du coup j’ai poursuivi mes études mais sans grande passion tout à faisant mes armes initiales en super 8, en m’intéressant aussi à l’art plastique, la littérature, la
musique. Puis j’ai commencé à travailler au marketing téléphonique comme beaucoup !
J’ai arrêté la peinture et lassé par le peu de possibilités qu’offrait la pellicule super 8, je me suis plongé dans la photo, ce qui a permis à moindre coût et infrastructure, d’aller parfois plus loin dans l’expression des idées et obsessions, d’avoir les premières publications dans des magazines et des expositions en galerie. Plus tard, j’ai enfin réalisé mon premier court-métrage professionnel et découvert les festivals. À 30 ans, retour aux shootings photo persos et de journalisme pour 2X PARIS, Nova Magazine, De l’air… Cinq ans après, j’arrête tout pour tourner « J’ai rêvé sous l’eau ».
Comment est né le projet « J’ai rêvé sous l’eau » ?
L’idée originelle de « J’ai rêvé sous l’eau » a germé il y a bien longtemps, pendant l’été 1996. Je vivais beaucoup après minuit : un boulot au minitel rose, c’était également l’explosion du night clubbing, des afters house-techno, tout ça inspire forcément. Je terminais le montage des « Lèvres Bleues », un court-métrage plutôt dans la veine surréaliste et fantastique ; j’avais envie de changer, de raconter d’autres parcours liés à la quête du bonheur via l’addiction affective, sexuelle et narcotique.
Filmer la nuit, la musique, la canicule, le nord de Paris, la bisexualité, l’amour fou, les amours gays d’un « jeune mec à louer »… Garder toujours une esthétique onirique à certains moments de la narration mais les appliquer à des situations à la base hyperréalistes, urbaines,
de prise de drogue, de positions sexuelles. Enfin me donner les moyens de faire un long-métrage,
de bosser en amont avec certains comédiens, et de partir plus dans le registre de l’émotion.
Voilà on a toujours envie de mettre beaucoup d’intentions dans un premier film, et les courts-métrages, ça devient très vite frustrant !
Est-ce dur de monter un premier projet ?
Dans mon cas c’est sûr. Est ce la faute au système ? Peut-être n’étais je pas bien entouré au départ ?
Que le scénario était bancal ou montrait des aspects de la vie qu’on préfère
ne pas voir très souvent à l’écran ?
En tout cas j’ai commencé par y investir moi-même financièrement, mais
le tournage a dû s’arrêter à deux reprises pour des questions budgétaires. La suite, c’est vraiment grâce à Loïc Magneron de Wide Management qui a pris le relais. Je ne le remercierai
jamais assez. Une vraie rencontre.
Quelle est la part autobiographique de « J’ai rêvé sous l’eau » ?
À l’arrivée peu d’épisodes finalement, il n’y a qu’une séquence qui est presqu’entièrement autobiographique ! En fait, je partage des sensations, émotions et préoccupations communes avec pas mal des personnages et pas seulement avec celui d’Antonin.
Comment s’est déroulé le casting?
Bien, long et intense, sauf les surprises de dernière minute ! Certains acteurs/trices sont devenus des amis. J’espère retravailler avec quelques-uns et peut-être différemment en étant plus à leur écoute, en explorant davantage les possibilités de l’impro. C’est clair que l’aspect « chaud » du sujet a dû en faire fuir beaucoup, mais j’aime bien mélanger les acteurs issus du X à ceux du cinéma dit
« traditionnel », tout comme faire jouer les non professionnels, les habitants du quartier, les sans abris.
La musique est importante dans le film, comment l’as-tu choisie ?
Pour les musiques préexistantes c’est un truc de longue haleine, dés l’écriture. Quand un morceau
me plaît, je me demande toujours comment je pourrais l’appliquer à une séquence, si elle en dit trop
ou pas assez sur chaque plan. Au montage évidemment,on remet tout en question et entre temps d’autres musiciens et mélodies font surface! Pour la musique originale avec David Kelly, ça a été une véritable entente, comme une évidence, d’autant que j’aime beaucoup ses groupes précédents : Virgin Prunes, The Prunes.
Dans le film il y a des scènes qui pourront heurtrer les plus farouches. Est-ce par provocation ?
Ça peut être perçu comme de la provocation, je dirais plutôt que j’ai essayé d’être sincère, en accord avec le parcours des personnages, montrer l’intimité quand ça participe à la narration, ne pas tomber dans le cul décoratif. Mais je vous assure, il y a également du suggéré et du hors champ, mais les gens ne retiennent toujours que le plus extrême. Et puis toute relation sexuelle tendre ou hard peut porter en elle une mini histoire, pourquoi s’en priver ? En quoi ça serait moins noble qu’une discussion à la mords-moi le noeud dans un contexte tous publics?
Ton film est sorti aux USA, en Angleterre ou encore en Allemagne et maintenant en France, quelle est réaction de chacun des publics ?
En France, on va voir ! Je n’ai pu me rendre dans ces pays où il est sorti, donc je
ne sais pas. J’ai été par contre à des festivals, j’ai un peu fouillé sur le net, c’est plutôt pas mal, souvent radical, mais c’est difficile de faire l’unanimité avec un film « marginal ». En tout cas les critiques et blogs sympathiques, ça te booste la journée !
Quels sont tes projets ?
Faire des films et des photos à très court terme et le plus longtemps possible ! Ce qui
donne dans l’immédiat une série de clichés de SDF destinées à une exposition, l’édition d’un livre sur les photos nocturnes de l’époque e.m@le et 2X et… J’ai un projet
de deuxième long-métrage que j’espère mettre en scène au plus tôt.
www.facebook.com/jairevesousleau
http://hormoz.free.fr
bande-annonce officielle "J'ai rêvé sous l'eau"
ICI
“J’ai Rêvé sous l’eau” THE DVD sera disponible dès le 3 février 2010 dans tous les bons points de vente habituels.
Un univers sombre et envoûtant à découvrir très
vite !!
Hugo Brosse